L’innovation française a besoin de plus d’agilité !

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Dans ses Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, l’économiste Adam Smith avait tort : la somme des intérêts personnels ne concourt pas à l’intérêt général. En revanche, la somme des intelligences individuelles, emmenée vers un objectif commun par un product owner, s’avère être une source de créativité, d’innovation et d’efficacité à la portée des entreprises de toutes tailles. Et si les méthodes agiles était la « main visible » qui réconciliait travail et création de valeur ?

La mort nécessaire du mode projet

Le modèle de gestion de projet classique n’est plus opérant. Et pourtant, en France, il reste légion. L’entreprise y est en effet fortement marquée par l’ancienne distinction entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre issue du secteur du Bâtiment. Or, lorsque celui qui commandite et celui qui produit ne communiquent pas suffisamment, un cloisonnement se crée, qui engendre des cycles de production trop longs et trop peu flexibles. Des projets visés trop tard sont autant de risques de modifications chronophages et coûteuses, de priorités à redéfinir dans l’urgence, et au final de mises sur le marché de produits déjà presque obsolètes. Dans une économie où, plus sollicité que jamais, le consommateur demande toujours plus de nouveautés, les entreprises françaises risquent de perdre en compétitivité. Plombées par ce temps perdu à corriger, rectifier, remodeler, elles s’éloignent des attentes mouvantes du consommateur, qui a tôt fait de se tourner vers la concurrence mondialisée. Face à cette réalité, il est urgent pour les entreprises françaises de mettre plus de vélocité et de créativité en œuvre pour conserver leur attractivité.  

Travailler mieux pour gagner (beaucoup) plus

Les méthodes agiles permet de démultiplier les chances de faire le bon produit au bon moment, et au meilleur coût ! Les résultats sont sous nos yeux : des réussites, qui vont de Toyota à Google, en attestent ; sans oublier ces pépites françaises qui pillent de manière décomplexées les principes du lean start up, proche des méthodes agiles. Ces entreprises adoptent des cycles de production courts, en particulier avec la parcellisation des tâches, et des tests progressifs qui permettent d’ajuster rapidement un produit, d’identifier une malfonction. Autre principe phare, elles placent le consommateur final au cœur du procédé de fabrication. Son bon plaisir est le juge de paix, aux dépens d’autres considérations liées à la structure du projet ou des parties prenantes. Bien au delà de la création de logiciel, dont les méthodes agiles sont issues, les agilistes essaiment dans d’autres domaines de l’informatique, dans l’éducation ou l’économie collaborative, de manière inexorable.

Libérer est le seul moyen d’innover

Paradoxalement, tandis que certains craignent l’uberisation de la société et la désintermédiation, les méthodes agiles se propose de remettre l’humain au cœur du système et d’en faire la ressource qui garantit la pérennité de la structure. Ne nous y trompons pas, il s’agit bien là d’un investissement en recherche et développement : une R&D qui doit transformer ses employés en talents, ses « divisions » en « équipes », ses développeurs en inventeurs. Pourquoi prendre ce risque ? On sait que  l’adoption des méthodes agiles peut déstabiliser un temps l’équipe, voire la structure. La digitalisation de l’entreprise rend néanmoins cette transition plus aisée. Parce que lorsque l’on transforme le management en leadership, l’employé en créateur, qu’on lui confère pouvoir, responsabilité et confiance, on transforme les mentalités individuelles et collectives. C’est dans ce contexte que naît l’innovation. En France, elle est pratiquée chez Hays, mais aussi chez Valrhona ou Criteo, preuve que ce n’est pas la taille ni le secteur, mais bien l’état d’esprit qui est déterminant. Que l’on peut adopter les techniques et les processus, mais aussi la philosophie. L’autonomisation des équipes, la confiance des hommes et des femmes dans leur capacité à évaluer les difficultés et à trouver des solutions sont plus que jamais les leviers créateurs de richesses pérennes.  

   

A propos de l'auteur

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    Florent Lothon

    Florent Lothon est responsable du département digital DSI de Swiss Life. Il a plus de 14 ans d’expérience en startups et sociétés de services en ingénierie informatique, à des positions de développeur, manager, coach et formateur agile.

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