Les activités pédagogiques des MOOC optimisées dans les SPOC

Quelles sont les activités pédagogiques des MOOC ?

Les activités pédagogiques dans les MOOC ont connu un réel succès, car elles permettraient (enfin) aux participants d’être actifs et de collaborer dans une formation en ligne. Dans les SPOC, on utilise aussi ces activités, et on en profite pour les rendre encore plus pratiques et opérationnelles. Explications et exemples concrets.

La dimension ouverte et collaborative des MOOC a fait évoluer la manière dont on apprend aujourd’hui à distance. Tout n’est pas nouveau car l’e-learning traditionnel et la FOAD (formation ouverte et à distance) proposaient déjà un certain nombre d’activités pédagogiques que l’on retrouve dans les MOOC. Cependant le contexte du MOOC (massif, gratuit, ouvert, collaboratif, interactif) a permis d’aller beaucoup plus loin et d’innover sur le plan de la pédagogie. Par exemple, l’évaluation par les pairs a connu son heure de gloire avec l’apparition des MOOC.

Et l’intérêt du SPOC, c’est que l’on peut reprendre les activités pédagogiques des MOOC et les adapter à un groupe réduit de participants pour les rendre encore plus efficaces.

Vous remarquerez que les activités pédagogiques des MOOC sont souvent pensées de telle sorte que chaque participant soit actif, une condition importante pour l’engagement et la motivation de chacun, mais aussi et surtout parce que c’est une modalité d’apprentissage très efficace, souvent oubliée dans l’e-learning traditionnel. On parle de pédagogie active ou de “learning by doing”.

Ce que résume d’ailleurs très bien Henry Ford dans la phrase suivante : “The way to learn to do things is to do things”.

Nous évoquerons dans cet article les quiz, l’évaluation par les pairs et les visioconférences.

Quiz et activités pédagogiques des MOOC.

Les quiz : une activité classique repensée dans les SPOC

Traditionnellement dans les MOOC, un quiz ponctue chaque semaine pour valider ses connaissances, et permettre d’obtenir des points qui compteront pour l’obtention d’une attestation ou d’un certificat de réussite. Le quiz, s’il est bien construit, permet au participant d’identifier en toute autonomie s’il a un niveau de connaissances suffisant au vu du module qu’il vient de terminer. La correction automatique de ces quiz donne parfois des éléments d’explication en fonction de la réponse choisie, pour que le participant comprenne par exemple pourquoi il s’est trompé.

Ainsi, les participants les plus motivés pourront retourner dans le module qu’ils viennent de réaliser, consulter à nouveau certaines ressources ou refaire des exercices.

Le quiz optimisé dans les SPOC

Au sein d’un SPOC, le quiz garde les avantages présentés ci-dessus mais nous sortons du “quiz-sanction”. En effet, passer un quiz et avoir une “mauvaise note” n’apporte pas grand chose au participant sur un plan pédagogique, et il faudra qu’il soit particulièrement motivé (et non découragé) pour retourner comprendre les sujets sur lesquels il s’est “trompé”.

Le quiz d’un SPOC est donc pensé différemment, il y a systématiquement plusieurs tentatives autorisées. En fonction de son résultat à la première tentative, le participant peut :

  • choisir de continuer sa formation
  • refaire le quiz en tenant compte des explications apparues sous ses erreurs
  • retourner consulter quelques ressources, souvent préconisées automatiquement en fonction des réponses choisies

Ainsi, le quiz, tout en restant une activité simple de validation et d’évaluation de ses connaissances, devient en même temps une activité qui permet au participant de véritablement progresser. En bonus, une touche d’humour au sein des réponses proposées redonne une légère dimension humaine au quiz et aide à atténuer la dimension “scolaire” de l’activité.

L'évaluation par les pairs dans les MOOC

L’évaluation par les pairs : une nouvelle utilisation dans les SPOC

La consécration de l’évaluation par les pairs dans les MOOC

La dimension massive des MOOC a nécessité l’introduction d’une modalité d’évaluation assez peu utilisée jusqu’alors : l’évaluation par les pairs. En effet si les quiz, ou exercices avec un niveau cognitif modéré (niveau 1 à 2 sur la pyramide de bloom) peuvent être corrigés automatiquement sur les plateformes de MOOC, ce n’est pas le cas des activités pédagogiques d’un niveau cognitif supérieur (niveau 3 à 6 sur la pyramide de Bloom). À partir du moment où ces activités doivent être corrigées par des personnes physiques, il devient impossible d’évaluer les milliers de travaux des participants d’un MOOC. L’évaluation par les pairs a alors été une solution parfaitement adaptée aux MOOC.

Son principe est simple : un participant réalise une activité, envoie son travail sur la plateforme de formation (sous format texte ou en uploadant un fichier), et reçoit aléatoirement le travail de 4 autres participants ayant fait cette même activité. Aidé par un barème, il corrige alors ces activités pendant que la sienne est corrigée par 4 participants. Sa note sera alors la moyenne des 4 notes attribués à son travail.

Les évaluation douteuses (exemple : une note très éloignée des 3 autres par exemple) sont détectées automatiquement, afin qu’un humain puisse intervenir. Et en cas de problème le participant peut demander à ce que son travail soit à nouveau évalué.

Les études déjà menées aux Etats-Unis dans le secteur académique ont prouvé que les notes données étaient les mêmes, voir légèrement plus sévères, que celles qui auraient été données par des professeurs.  Selon une étude de 2015 du professeur Rémi Bachelet de Centrale Lille sur les évaluations par les pairs dans le MOOC Gestion de Projet soutenue par Unow, on sait également qu’une évaluation par un seul pair est suffisante pour obtenir un retour de qualité sur un travail rendu, mais que le résultat est encore plus fin et précis à partir de deux correcteurs.

Si vous voulez en savoir plus sur l’évaluation par les pairs, nous vous invitons à lire cet article donnant le point de vue d’un expert, et cet article donnant le point de vue d’un participant.

L’évaluation par les pairs dans les SPOC au service de la montée en compétence du participant

Dans le SPOC, la taille réduite du groupe pourrait permettre au formateur de corriger toutes les activités de type exercices ou cas pratiques. Pourtant, nous utilisons quand même l’évaluation par les pairs, car elle présente un intérêt pédagogique important identifié grâce aux MOOC. En effet c’est un outil qui permet bien plus que sa finalité première d’évaluation.

Soit le participant qui corrige a déjà bien compris l’activité, et corriger le travail d’un autre va lui permettre de consolider ses acquis, d’autant plus lorsqu’il reformule avec ses propres mots ce qu’il a compris pour expliquer à un autre apprenant comment réussir l’activité (learning by teaching)

Soit le participant qui corrige a encore une marge de progression et il pourra apprendre :

  • des indications présentes dans le barème proposé pour corriger ses pairs
  • grâce aux réponses présentes dans le travail de ses pairs
  • lorsqu’il recevra son travail corrigé, grâce aux commentaires des correcteurs, dont la formulation sera souvent différente de celle du formateur, ce qui enrichit les explications apportées à l’apprenant
  • en interpellant ses “correcteurs” pour leur demander plus d’explications
  • en sollicitant le formateur s’il reste un point qu’il n’a pas compris

Et cela n’est possible que si le groupe de participants est réduit (“Small”), d’où l’intérêt du SPOC.

Cela va d’ailleurs à l’encontre d’une idée reçue que l’on entend parfois, selon laquelle il faudrait énormément de participants pour que ce système fonctionne. Dans un SPOC, à la date limite de rendu de l’activité, les travaux à corriger sont automatiquement répartis à chacun, sur la base de tous ceux qui ont réalisé l’activité. Et le formateur est disponible pour accompagner chaque participant qui n’aurait pas réussi l’activité ou qui aurait des questions.

Cette activité pédagogique peut cependant présenter un inconvénient selon le projet de formation : cela demande du temps pour chaque participant, car il faut en comprendre le fonctionnement, corriger le travail des autres puis lire les corrections reçues. Dans certaines formation, il sera alors pertinent de rendre cette activité facultative, pour qu’elle ne serve qu’à ceux qui en ont besoin ou qui veulent aller plus loin.

Activités pédagogiques des MOOC par visioconférence

De la visioconférence à la classe virtuelle dans les SPOC

La majorité des participants à nos MOOC s’accordent à dire que les visioconférences, seuls moments synchrones (ou en direct) de la formation, sont des temps forts de la formation : on fait le point sur les sujets importants et sur l’avancement de la formation, le formateur répond aux questions les plus fréquentes, on sent qu’on fait partie d’une communauté d’apprenants, on vit une expérience en temps réel. La dimension humaine des visioconférences est alors très forte.

Néanmoins, l’inconvénient d’une visioconférence est qu’elle est descendante, du/des formateur(s) vers les participants. Certes ceux-ci font remonter des questions via le forum ou le chat, mais l’interaction s’arrête là.

Dans le SPOC, la taille réduite du groupe permet de transformer ces visioconférences en véritables classes virtuelles, bien plus horizontales et donc pertinentes dans un dispositif de formation :

les participants peuvent prendre la parole pour interpeller le formateur, poser des questions ou faire part de leur retour d’expérience

chaque participant peut suivre les échanges des autres participants, et lui-même échanger avec ses pairs

L’implication des participants se voit renforcée, tout comme  le partage de bonnes pratiques. En leur donnant la parole, on permet d’axer la classe virtuelle sur les véritables préoccupations des apprenants. En voici quelques exemples :

  • “Comment transposer efficacement sur le terrain ce que j’ai appris en formation ?”
  • “J’ai essayé en situation professionnelle d’appliquer la méthode préconisée en formation, mais j’ai rencontré des difficultés imprévues !”
  • “Dans mon secteur d’activité ou dans mon entreprise, une contrainte spécifique m’empêche d’appliquer tel quel l’outil que j’ai construit en formation, comment l’adapter efficacement ?”

Cas d’étude : SPOC Préparer et conduire le nouvel entretien professionnel (disponible sur la plateforme Unow)

Ce SPOC est une formation pour savoir gérer ses campagnes d’entretiens professionnels : définitions, enjeux, préparation, animation, articulation avec les dispositifs RH…

Les classes virtuelles de ce SPOC mélangent des managers et des fonctions RH, chacun ayant à mener des entretiens professionnels dans leur entreprise. Voici les sujets d’échanges observés lors de la première session de cette formation :

  • comment faire quand on fait face à une situation difficile pendant l’entretien ? (collaborateur mécontent dans son travail, débat hors sujet par rapport aux objectifs de l’entretien…)
  • lorsque l’entretien annuel se fait en même temps (certaines entreprises étaient concernées), comment gérer l’articulation entre les 2 entretiens différents ?
  • en tant que RH, comment sensibiliser les managers sur l’importance de l’entretien ?
  • quelle posture adopter face à des revendications salariales, inadaptées dans cet entretien ?

Par la suite, une classe virtuelle a été dédiée à la simulation d’entretiens, sur la base d’un profil type de collaborateur fourni en amont aux participants. La formatrice jouait le rôle du collaborateur et les participants  guidaient l’entretien avec des questions/réponses, par micro/webcam ou par chat.

Grâce à la structure temporelle du SPOC (quelques heures par semaines pendant plusieurs semaines), les participants restent à leur poste de travail et peuvent directement mettre en pratique ce qu’ils ont appris, ce qui est impossible dans le cadre de formations présentielles de plusieurs journées consécutives.

 

Pour un utilisation optimale de la classe virtuelle, nous préconisons également de prévoir une ou plusieurs classes virtuelles supplémentaires plusieurs semaines après la fin de la formation, notamment dans le cadre des SPOC intra-entreprise.

Maintenant que vous avez une vision plus précise de la manière dont les activités pédagogiques des MOOC sont adaptées et optimisées au sein des SPOC, vous avez en partie fait connaissance avec une dimension pédagogique qui fait partie de l’ADN des SPOC : on n’apprend pas uniquement avec le formateur, on apprend aussi des autres participants. C’est ce qu’on appelle le social-learning (ce sujet sera traité dans un autre article).

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A propos de l'auteur

  • intervenant-01

    Pierre Monclos

    Après une expérience de 6 ans en RH, il a rejoint Unow en 2014, startup RH spécialisée dans la formation digitale (MOOC, SPOC).

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