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Le Printemps de la formation

Formation professionnelle : 5 tendances clés à retenir en 2026

Présentiel ancré, soft skills durables, IA encore théorique : 2026 dresse un portrait nuancé (et parfois surprenant) des stratégies formation.

Par Magali Mezerette – Le 7 mai 2026

Chaque année, le Printemps de la Formation réunit plusieurs milliers de professionnels RH et formation pour faire le point sur les grandes évolutions du secteur. L’édition 2026 ne déroge pas à la règle : entre stabilisation de certaines tendances et tensions nouvelles autour du pilotage du learning, de la transformation des organismes de formation et de l’intégration de l’IA, les responsables formation naviguent dans un environnement qui se complexifie. 

Cet article est issu du webinaire « Formation professionnelle : tendances et actualités clés en 2026 », animé par Pierre Monclos, Philippe Lacroix et Laurie Benatte, dans le cadre du Printemps de la Formation 2026.

Formation professionnelle : tendances et actualités clés en 2026

Le présentiel s’est réinstallé, et ce n’est plus un débat

57 % des formations dispensées en entreprise se font aujourd’hui en présentiel pur (source : Baromètre 2026 de la formation professionnelle par Unow). Ce chiffre est stable depuis trois ans, à un ou deux points près. Ce n’est plus un effet de rattrapage post-COVID. C’est un ancrage.

Le distanciel pur représente 30 % des modalités et progresse légèrement. Quant au format hybride, il recule de deux points. Paradoxe connu : le blended reste la modalité préférée des responsables formation, mais c’est aussi la plus complexe à mettre en oeuvre. Elle est donc réservée aux projets stratégiques, notamment dans la formation managériale.

Les modalités de formation plébiscitées par les entreprises en 2025

Chiffre issu du Baromètre 2026 de la formation professionnelle par Unow

Parmi les modalités distancielles, les modules e-learning en autonomie dominent largement (73 %), suivis des dispositifs combinant e-learning et classes virtuelles (47 %). La classe virtuelle seule, malgré la fatigue cognitive qu’elle peut engendrer, reste bien représentée en raison de son efficacité pédagogique reconnue. Elle est synchrone, elle force la présence, et elle produit des résultats.

Ce retour du présentiel n’est pas nostalgique. Il répond à des enjeux très concrets : faire revenir les collaborateurs en télétravail sur site, créer des expériences d’apprentissage marquantes, et renforcer la cohésion d’équipe. Des objectifs que le distanciel seul ne peut pas toujours atteindre.

Soft skills : toujours dans le top, mais l’IA creuse un fossé avec les nouvelles compétences

Un tiers des formations inscrites dans les plans de développement des compétences est consacré aux soft skills (source : Baromètre 2026 de la formation professionnelle par Unow). Les six compétences les plus demandées en 2026 sont le leadership, la gestion du temps, la communication orale, la gestion du stress, le feedback et l’assertivité. Une liste qui n’a pas beaucoup bougé en plusieurs années.

Les compétences envisagées pour former les équipes cette année :

Données issues du Baromètre 2026 de la formation professionnelle par Unow

Ce qui frappe en revanche, c’est l’écart entre ces fondamentaux et les « nouvelles compétences » que l’IA était censée faire émerger. Le prompt engineering, les compétences data, les nouveaux rôles liés à l’automatisation : tout cela reste quasiment absent des plans de formation.

La raison est simple : les gains de productivité promis par l’IA ne se sont pas encore concrétisés à l’échelle des équipes. Les collaborateurs n’ont pas dégagé de temps pour de nouvelles missions. Former aux nouvelles missions avant que ces missions existent, c’est former dans le vide. Les responsables formation l’ont compris, et ils attendent que les usages se stabilisent avant d’investir dans ces nouveaux territoires de compétences.
Un point mérite cependant l’attention : l’esprit critique. Très peu présent dans les plans de développement des compétences, il est pourtant au coeur des enjeux posés par l’IA.

Piloter la formation informelle : reprendre la main ou accepter de lâcher prise ?

Deux fondamentaux reviennent en force dans les stratégies formation : sécuriser les messages transmis lors des formations, et piloter le volume et les résultats du learning. Deux préoccupations qui semblent évidentes, et qui sont pourtant de plus en plus difficiles à tenir.

Sur la sécurisation des messages, le problème est nouveau. Lorsqu’un formateur animait une salle, les supports étaient validés en amont, les messages encadrés. Avec la montée des assistants IA intégrés dans les plateformes de formation, cette maîtrise s’érode.

«  On avait oublié pourquoi on formalise des supports en formation. Ce n’est pas seulement pour faciliter l’animation. C’est pour être sûr que ce qui est transmis est juste et contrôlable. » – Philippe Lacroix

Que se passe-t-il quand un collaborateur se forme via ChatGPT, un podcast ou un échange informel sur Slack ? Le service formation n’a ni la visibilité, ni la maîtrise du contenu.

Face à cela, Philippe Lacroix plaide pour une posture moins contrôlante. Accepter que la formation informelle existe, qu’elle est souvent efficace, et que vouloir tout tracer relève d’une illusion. Le vrai travail, c’est de convaincre la direction que le ROI de la formation ne se mesure pas uniquement à travers les sessions officiellement déclarées.

La transformation des OF rebat les cartes pour les services formation

Les organismes de formation traversent une crise qui s’est accélérée depuis un an et demi : baisse significative des financements publics d’un côté, pression sur les budgets formation des entreprises de l’autre. Cette double contrainte crée une tension croissante : faire mieux pour moins cher, ou perdre des parts de marché.

Les conséquences sont directes pour les services formation. Certaines entreprises, confrontées à des OF qui peinent à s’adapter assez vite, ont commencé à internaliser une partie de la production de contenus. Avec quelques outils IA accessibles, des équipes sans compétences techniques avancées arrivent à produire des modules qui répondent à leurs besoins immédiats, parfois imparfaitement, mais plus rapidement que ce que propose parfois un prestataire externe en pleine mutation.

Ce phénomène n’est pas sans risques. La fiabilité des contenus produits par des IA grand public reste un sujet sérieux : une étude européenne récente citée lors du webinaire indiquait que 45 % des réponses générées par des IA génératives sur des sujets d’actualité contenaient une erreur importante. Dans un contexte de formation, les conséquences peuvent être significatives. C’est précisément pour cela que les OF qui se transforment cherchent à proposer des IA intégrées, entraînées sur des données métier spécifiques, avec des niveaux de fiabilité maîtrisés.

Pour les OF qui ont les moyens et l’agilité de pivoter, cette période est une opportunité. Pour les autres, c’est une pression sur deux fronts à la fois : clients qui font en interne et concurrents qui évoluent plus vite.

L’IA de confrontation : le concept pédagogique à retenir

C’est sans doute l’idée la plus structurante de ce webinaire. Jean-Roch Houllier, Head of Operations Learning & Digital chez Safran, a formalisé une distinction que beaucoup pressentaient sans la nommer : l’IA de substitution versus l’IA de confrontation.

L’IA de substitution fait à la place. Elle répond, rédige, résume… et dispense le collaborateur de l’effort cognitif. À court terme, c’est du confort. À moyen terme, c’est de l’atrophie. 

« L’IA a à peu près le même effet que l’ascenseur sur notre capacité à développer des compétences. Elle nous nargue en disant : si t’es un peu feignant, je peux le faire à ta place. » – Pierre Monclos

L’IA de confrontation, à l’inverse, challenge. Elle propose des mises en situation personnalisées, génère des feedbacks contextualisés, crée des scénarios qui obligent le collaborateur à formuler, décider, argumenter. Elle n’apporte pas la réponse : elle force à la construire. Des outils spécialisés commencent à émerger dans cette direction, entraînés sur des données métier spécifiques, avec des taux de fiabilité nettement supérieurs aux IA grand public.

Que ce soit via l’improvisation ou via une IA bien conçue, c’est la même logique : apprendre en faisant, en se trompant, en recommençant. Pas en observant une correction générée automatiquement.

L’enjeu pour les responsables formation est donc de ne pas se contenter d’intégrer de l’IA dans les parcours parce que c’est dans l’air du temps. Mais de s’interroger sur la posture pédagogique que cette IA induit : est-ce qu’elle facilite l’effort d’apprentissage, ou est-ce qu’elle le contourne ?

Ce que ces tendances changent pour les responsables formation

En 2026, les stratégies formation se construisent sur une tension productive : des fondamentaux qui s’ancrent d’un côté — présentiel, soft skills, implication des managers — et des incertitudes nouvelles de l’autre, autour du pilotage du learning informel, de la fiabilité des contenus IA et de la réorganisation du marché des OF. Ce qui ressort du baromètre, c’est que les organisations les plus solides sont celles qui ne cherchent pas à tout contrôler, mais qui restent exigeantes sur ce qui compte vraiment : la qualité des apprentissages, leur ancrage dans la durée, et la place laissée à l’effort humain dans le processus.

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